Selon les infrastructures

Caractéristiques des supports d’édition numérique selon les infrastructures et le fonctionnement des réseaux

Nous savons que les documents numériques peuvent exister sans être publiés en ligne.

Mais il est aussi vrai qu’ils n’acquièrent d’existence à proprement parler qu’à partir du moment où ils sont diffusés de manière à ce que des lecteurs y aient accès et puissent les consulter. Cela vient de la caractéristique de la nécessité de donner accès au contenu pour qu’il soit interprétable, mais aussi de l’acceptation d’une certaine perspective théorique (appelons-la « socio-constructiviste ») qui est dominante aujourd’hui au sein de nos institutions publiques à commencer par le système d’éducation québécois.

L’individu lui-même se construit par les rapports qu’il entretien avec ses pairs. Et il en va de même jusqu’à un certain point avec les documents numériques. Cela va de pair avec la prévalence dans l’univers littéraire de la perspective intertextuelle, selon laquelle on ne peut comprendre le sens d’un livre qu’en mettant son contenu en textuel en rapport avec les autres propositions émanant de la tradition au sein de laquelle il s’inscrit. On peut dire que cette approche s’applique bien à tout ce qui est produit en terme de documents informationnels (indépendamment de la question de savoir s’ils nous informent bien ou non) dans le contexte d’Internet et en particulier du web, puisque ce-dernier est caractérisé par l’exploitation de la propriété des documents qui y circulent de pouvoir être reliés entre eux au moyen d’hyperliens ou de liens hypertextuels. D’ailleurs cela avait été donné à voir – dans son fonctionnement de base – aux utilisateurs du Mac via les applications de la suite HyperCard dès le début des années 1990. C’était donc avant la connexion en réseaux. On pouvait créer des boutons, lesquels renvoyaient à un autre document au sein d’un fichier, ce qui permettait par exemple de développer un système de fiches à propos des différentes régions du Québec et auxquelles on aurait accès à partir d’une représentation d’une carte du Québec. Chaque région aurait un bouton portant son nom. En cliquant dessus on accède à la fiche correspondante.

Mais actuellement, on doit comprendre que le web permet d’accéder aux contenus mis en ligne par les autres utilisateurs suivant un système de localisation grâce à des URL. Ce type de fonctionnement pourrait être en théorie déménagé sur un autre réseau qu’Internet. Mais en ce moment c’est sur ce-dernier qu’il est installé. Or pour avoir accès au réseau tel qu’il fonctionne actuellement, il est nécessaire de passer par un Fournisseur d’accès Internet (FAI). Et ceux-ci exigent qu’on s’identifie au moyen d’une adresse IP, en vertu du protocole TCP/IP –  qui est à la base du fonctionnement d’Internet – tandis que le protocole au fondement du World Wide Web (WWW) est le HTTP (pour la consultation des contenus en ligne). Celui-ci est complété par le protocole FTP pour le transfert des contenus d’un noeud du réseau (un poste informatique) vers un hébergeur qui se trouve sur un serveur (un noeud plus important) et vice-versa.

On doit donc tenir compte de ces contraintes logistiques, et ne pas perdre de vue que ces infrastructures qui rende le transfert des données et leur hébergement sur des serveurs afin qu’ils soient disponibles en tout temps possible ont une réalité bien matérielle et fonctionnent au moyen de ressources énergétiques, naturelles, humaines et financières qui ne sont pas du tout négligeables.

On traitera donc d’abord de la distinction entre le web et Internet.

Puis on verra comment les protocoles sont des espèces de corridors logiques qui canalisent l’information.

Ensuite on examinera le rôle des lois et des joueurs sur le marché des communications qui sont propriétaires des infrastructures.

Enfin, on essaiera de comprendre ce que des protocoles de transfert atletnatifs comme le P2P viennent changer.

Mais ces contraintes ont-elles un impact sur les supports d’édition numérique ou constituent-elles une partie intégrante de ce qu’est ce support lui-même ?

Les liens entre les noeuds et ce qui y permet la circulation des données constitutives des documents qu’on peut y consulter ne sont-ils pas plus déterminants pour l’existence des objets informationnels que les noeuds incarnés par des ordinateurs donnés ?

Peut-être pas plus mais au moins tout autant.

Cela prend aussi bien un pont que deux rives pour pouvoir effectuer la « traversée du pont » qui permet le passage d’une rive à l’autre.
Évidemment on peut dire que l’expérience ne serait pas du tout la même si on devait le faire à la nage ou en bateau au lien d’en auto ou à pied ou en vélo sur le pont.

Comment le livre est-il conditionné par ces passages obligés ?

Premièrement il est clair que la connexion est requise pour le télécharger. Ensuite il vaut mieux qu’elle soit résistante aux intempéries et aux pannes d’électricité. Or cela ne  va pas nécessairement de soi.  Le tout est une question d’équilibre.

Pour l’instant on a plutôt l’impression que la course à l’accélération des connexions et à la conquête des coins les plus reculés de la planète (qui se fera finalement par satellites) représente plutôt la voie de la démesure. Et pourtant on voit mal comment on pourrait parler d’une démocratisation de l’accès à l’information sans faire parvenir les connexions haute vitesse aux résidents de l’Afrique sub-saharienne ou de la Côte-Nord, et sans assurer que le fossé numérique ne soit comblé quel que soit le niveau de revenu des individus et des nations considérées.
Or pour ce faire, il faudra énormément de ressources, si l’on considère le fonctionnement actuel.

Les technologies quantiques pourraient aider à résoudre ce problème. Mais pour l’instant on brûle la chandelle par les deux bouts, pour permettre à un maximum de personnes de se rejoindre tout en espérant que le fuel ne manquera pas de sitôt.

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